Le Sanskrit…

sanskrit

 

 

 

 

 

Parmi les langues innombrables qui ont jusqu’à aujourd’hui résonné de par le monde, le sanskrit se présente comme l’une des plus anciennes ; de même que le persan ancien, le grec ou le latin, le sanskrit dérive de l’ancien indo-européen.

Le Veda « savoir, science sacrée », vaste recueil d’hymnes et de textes religieux élaboré entre 1800 et 500 avant notre ère, en est la première expression littéraire.

Pendant une longue période, le sanskrit est parlé par les lettrés, hindous, jaïns, bouddhistes… et fait office de véhicule dans toute l’Inde pour les échanges intellectuels.
C’est le grammairien Päņini (Ve-IIIe s av.n.è. ?) qui confère sa forme classique à la « langue des dieux » (daivï väk), que l’on nomme samskŗta (prononcé « samskrita ») seulement vers le milieu du premier millénaire.

Orthographié en français sanskrit, le mot originel samskŗta signifie « mis ensemble, bien construit, parachevé, préparé (nourriture), purifié, consacré, hautement élaboré ».

Du fait de son statut de langue sacrée, née de la Parole divine, le sanskrit apparaît, d’emblée, indissolublement lié au rite. Cette langue a contribué, pendant près de quatre millénaires, à la génère de Bhärata (véritable nom de l’Inde), en modelant une manière de penser et de voir le monde unique dans l’histoire universelle.

Le devanägarï (culture des Dieux), écriture classique du sanskrit, compte 33 signes-consonnes et 13 signes-voyelles. Les lettres sont suspendues à la barre horizontale (mäträ), à la différence de notre écriture qui s’appuie sur une ligne inférieure.

Extrait de l’ouvrage « Le sanskrit, souffle et lumière » de Colette POGGI, sélectionné par Maryse Mondon.

Colette Poggi mène des recherches sur le Shivaïsme du Cachemire et les philosophies de l’Inde depuis le début de ses études universitaires à Aix -en-Provence en 1977; elle aborde alors deux cursus : Littérature et Civilisation germanique d’une part, Etudes indiennes et Sanscrit d’autre part. Dans le cadre de son Doctorat, en 1986 , elle met en évidence les correspondances entre le plus grand philosophe du Cachemire médiéval, Abhinavagupta, et l’un des plus éminents mystiques et théologiens d’Occident, Maître Eckhart. Afin d’approfondir sa connaissance et de rencontrer d’autres chercheurs, Colette Poggi poursuit alors des recherches à Paris dans le cadre d’une équipe CNRS, à Oxford, et à la Sorbonne en Philosophie comparée avec M. Hulin. Elle présente en 1994 pour un doctorat de Philosophie en Sorbonne la traduction intégrale de l’ÎshvaraPratyabhijñâVimarshinî, texte fondamental d’Abhinavagupta qui porte sur l’expérience de la Re-connanissance intérieure comme voie immédiate de Délivrance. Actuellement, Colette Poggi enseigne le sanskrit et la pensée indienne dans divers centres universitaires, tout en poursuivant ses recherches et ses traductions sur le Shivaïsme du Cachemire.